

Manifestations en Iran et au Moyen-Orient pour soutenir les Palestiniens
Des milliers de personnes ont manifesté vendredi dans les rues de Téhéran mais aussi à Bagdad et dans d'autres capitales du Moyen-Orient, des rassemblements annuels organisés à la fin du ramadan en solidarité avec les Palestiniens et contre Israël.
Pour la deuxième année consécutive, ces manifestations marquant la journée d'Al-Qods (Jérusalem), lancée en 1979 sous l'impulsion de la République islamique d'Iran, sont éclipsées par la montée des tensions au Moyen-Orient.
Vendredi, pour la première fois après quatre mois de trêve, l'armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement du Hezbollah. Israël avait déjà repris à la mi-mars ses frappes sur la bande de Gaza.
Vendredi à Téhéran, des manifestants ont brandi des drapeaux iraniens et palestiniens, ainsi que ceux du mouvement islamiste libanais Hezbollah, soutenu par l'Iran.
Des rassemblements similaires ont eu lieu dans tout le pays, selon des images diffusées par la télévision d'Etat.
Dans un message vidéo diffusé jeudi, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a fustigé les "ruses" et "fausses déclarations des ennemis" de la République islamique.
Les commémorations de la Journée de Qods ont été lancées en 1979 par le fondateur de la République islamique, l'ayatollah Rouhollah Khomeini. Les marches appellent à la restitution de Jérusalem aux Palestiniens et se tiennent traditionnellement le dernier vendredi du ramadan, le mois du jeûne des musulmans.
Les autorités ont appelé les Iraniens à participer massivement aux manifestations contre Israël, ennemi juré de l'Iran.
"La résistance se poursuivra jusqu'à la libération d'Al-Qods et la destruction du régime sioniste", a déclaré jeudi l'état-major des forces armées.
"La seule solution à la question palestinienne (...) passe par la poursuite de la résistance et la solidarité mondiale pour lutter contre le régime sioniste", a-t-il ajouté.
- "Droit à la terre" -
Des manifestations similaires se sont tenues en Irak, au Pakistan, en Indonésie et même en Afrique du Sud.
Au Liban, un discours télévisé du chef du Hezbollah, Naïm Qassem, n'a pas eu lieu. L'allocution, qui devait être retransmise devant ses partisans dans une salle de la banlieue sud de Beyrouth, à une centaine de mètres du site d'un bombardement israélien, a dû être annulée.
Dans la capitale irakienne, plusieurs centaines de partisans des groupes armés pro-Iran ont défilé en brandissant des drapeaux aux couleurs de ces factions, ainsi que des drapeaux palestiniens et libanais.
"Non, non à l'Amérique", ont scandé les participants, foulant du pied un drapeau israélien sur la chaussée, selon des images de l'AFPTV.
Sur l'estrade installée pour l'occasion, un décor représentait l'emblématique mosquée du dôme du rocher, aux côtés des portraits de plusieurs figures de la "Résistance" assassinées par Israël, notamment l'ancien chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et Ismaïl Haniyeh, ex-chef du Hamas.
"La Résistance islamique irakienne dit à la Palestine et à son peuple que son droit à la terre et son droit à la résistance est un droit naturel", a lancé devant la foule un responsable d'un des groupes armés, Qadhim al-Fartoussi.
- "Bataille contre l'occupation" -
Au Yémen, où les rebelles houthis soutenus par l'Iran apportent un soutien infaillible à la cause palestinienne, des dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées dans la capitale Sanaa, à Hodeida, Marib et dans d'autres régions du pays pour commémorer la journée d'Al-Qods.
Sur une place de Sanaa, les manifestants ont brandi des armes automatiques, drapeaux palestiniens et yéménites, ainsi que les drapeaux jaunes du Hezbollah. Ils ont dénoncé les frappes israéliennes sur Gaza et les frappes américaines au Yémen.
Le Hamas a salué cette mobilisation dans des capitales du monde arabe et musulman.
"Jérusalem restera au coeur de notre bataille contre l'occupation", a affirmé le mouvement islamiste palestinien dans un communiqué, se félicitant du "mouvement populaire mondial soutenant le peuple palestinien et sa juste cause, et rejetant l'agression sioniste brutale contre Gaza."
D.Gallaugher--NG