

Droits de douane: l'UE envisage "d'attaquer" les services numériques américains
L'Union européenne, "prête à la guerre commerciale" avec les États-Unis, envisage dans sa riposte aux droits de douane annoncés par Donald Trump "d'attaquer les services numériques", a indiqué jeudi la porte-parole du gouvernement français Sophie Primas.
"Nous sommes à peu près sûr qu'effectivement nous allons avoir des effets récessifs sur la production", a-t-elle ajouté sur RTL, s'inquiétant notamment de l'impact "marqué" sur la filière vins et spiritueux.
Le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret généralisant des droits de douane de 10% minimum sur toutes les importations arrivant aux États-Unis et de 20% pour les produits arrivant de l'UE.
Après la décision américaine, l'UE prépare une riposte en deux temps: "une première riposte qui sera efficiente à peu près à la mi avril, qui va correspondre à sa première attaque sur l'aluminium et l'acier".
"Et puis il y a un deuxième jeu de riposte qui sera probablement prêt à la fin du mois d'avril sur l'ensemble des produits et des services", a ajouté Sophie Primas.
Pour l'instant, cette deuxième riposte est en "cours de négociation entre les pays membres de l'Union européenne".
"Mais on va attaquer aussi les services. C'est par exemple les services numériques qui aujourd'hui ne sont pas taxés et qui pourraient l'être, les Gafam par exemple", a souligné la porte-parole.
La riposte pourrait aussi concerner "l'accès à nos marchés publics", a-t-elle indiqué.
"Nous avons aujourd'hui toute une batterie d'outils et nous sommes prêts à cette guerre commerciale", a-t-elle assuré.
Donald Trump "se prend pour le maître du monde (...) C'est une posture impérialiste qu'on avait un peu oubliée, mais qui revient avec grande force et grande détermination", a-t-elle dénoncé.
Dans l'immédiat, Emmanuel Macron va réunir à l'Élysée jeudi après-midi les représentants des filières impactées par les mesures tarifaires.
"La première chose, c'est que nous fassions un bilan et prévisionnel de ce que seront les attaques et leurs effets sur l'ensemble des filières. Ensuite, nous regarderons comment nous pouvons soutenir nos industries de production", a-t-elle dit.
"On voit bien que tous les marchés d'exportation, notamment des vins et spiritueux, sont en train de se fermer. Il va falloir donc supporter notre production européenne", a-t-elle jugé.
De son côté, le Premier ministre François Bayrou a jugé que cette décision est une "immense difficulté" pour l'Europe et une "catastrophe" pour les Etats-Unis.
A gauche, le socialiste Olivier Faure a également appelé l'UE à riposter.
"Depuis le 20 janvier, Trump déroule. Parlons lui dans la seule langue qu’il connaisse, celle du rapport de force", a-t-il réagi sur X.
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J.Fletcher--NG